Appareillage

Une prothèse, ce n’est pas seulement du carbone, de la résine ou du métal. C’est un ami. Un compagnon silencieux qui arrive souvent, pour les agénésies de membres inférieurs, vers l’âge de deux ans, quand un enfant commence à se tenir debout, explorer, s’exprimer. Pour les membres supérieurs, les prothèses ne sont pas toujours utiles, il revient à chacun de décider de grandir avec ou sans. Certains en portent dès les premiers mois de vie, d’autre jamais.
La prothèse n’est pas née avec l’enfant, mais elle grandit avec lui. Elle apprend à marcher avec lui. Elle tombe, elle se relève, elle fête les anniversaires, l’école, les réussites — et parfois aussi les larmes et la fatigue.
On la met le matin comme on met ses chaussures. On l’enlève le soir avant de dormir.
Et avec le temps, la prothèse cesse d’être un “objet”, elle devient votre jambe et parfois même une part de notre identité.
Une prothèse bien faite, bien adaptée, belle et confortable, ce n’est pas du luxe, c’est du respect du corps, c’est de la santé mentale, c’est de la dignité.
Parce que quand la prothèse est juste, le corps respire.
Et quand le corps respire, l’enfant ou l’adulte peut marcher, courir, apprendre, travailler, aimer, rêver.
Non pas malgré son handicap…mais avec, pleinement, fièrement, intensément.
Comment obtenir une prothèse ?
1. Prendre rendez-vous avec un médecin spécialiste en Médecine Physique et Réadaptation (MPR)
Il examine l’enfant ou l’adulte, définit les besoins et le type de prothèse adapté et rédige la prescription médicale. Vous pourrez retrouver la liste des centres de référence sur cette page.
2. Choisir un prothésiste
Le prothésiste fabrique la prothèse et devient souvent un allié à long terme. Il prend les mesures (moulage ou scan 3D), propose un modèle adapté à l’âge, la croissance, l’activité et les besoins et souvent, il aide dans les démarches administratives. Quelques exemples de prothésistes : Proteor, Lagarrigue, Chabloz Orthopédie…
Ne choisissez pas forcément le premier prothésiste. Il est recommandé de faire le tour, de comparer, de poser des questions et rencontrer plusieurs équipes, car la relation prothésiste–patient est essentielle. Une bonne prothèse, c’est aussi le résultat d’une bonne communication.
3. Dossier administratif & financement
Vos différents interlocuteurs pourront vous accompagner, mais vous devrez généralement obtenir les documents suivants :
- Prescription médicale
- Devis du prothésiste
- Accord préalable de la CPAM (Sécurité Sociale)
- Dossier MDPH si vous souhaitez obtenir la PCH (Prestation de Compensation du Handicap)
- Compléments possibles : mutuelle, associations, fonds solidaires
4. Fabrication et rééducation
Le prothésiste fabrique la prothèse sur mesure. Plusieurs essais sont parfois nécessaires pour permettre de l’ajuster.
La rééducation est indispensable pour les prothèses de membres inférieurs. Le kinésithérapeute permet de travailler sur la marche, l’équilibre, la posture. Pour les prothèses de membre supérieur, il est parfois nécessaire d’avoir un suivi avec un ergothérapeute, pour travailler sur la préhension, apprendre à gérer sa prothèse.
5. Suivi & renouvellement
Pour les enfants, compte tenu de leur croissance rapide, il est nécessaire de renouveler la prothèse fréquemment, généralement tous les 6 à 12 mois. Pour les adultes, les prothèses sont renouvelées en moyenne tous les 3 à 5 ans.
Des ajustements sont parfois nécessaires, selon l’évolution du corps, du poids et de l’activité.
Les différents types de prothèses
Prothèses du membre inférieur :
-
Prothèses étanches pour la natation
-
Prothèses sportives (course, ski, vélo…)
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Prothèses temporaires / d’entraînement
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Prothèses myoélectriques (rare pour membres inférieurs, surtout pour les genoux assistés)
Prothèses du membre supérieur :
-
Prothèse esthétique : aspect réaliste, peu ou pas de mouvement
-
Prothèse mécanique : commandées par mouvement du corps via harnais et câbles
-
Prothèse myoélectrique (avec capteurs musculaires) : commandées par signaux musculaires
-
Prothèse multi-articulée / bionique
L'accompa-gnement psychologique
Le handicap visible ne touche pas que le corps, il affecte aussi le regard sur soi, la confiance, l’adolescence, la relation au monde. Un accompagnement psychologique adapté peut aider à accepter son corps, exprimer ses émotions, pour affronter le regard des autres et se construire sereinement.
Cet accompagnement peut être fait par un psychologue, mais aussi par des groupes de paroles, par de témoignages inspirants, et bien sûr avec le soutien de l’assedea !
